
Exposition Arte Povera
du 09.10.2024 au 20.01.2025 La Bourse de Commerce Paris
Du 9 octobre 2024 au 20 janvier 2025, Pinault Collection présente à la Bourse de Commerce, une exposition d’envergure dédiée à l’Arte Povera. Entre héritage et influence, l’exposition traverse plus de 250 œuvres historiques, contemporaines, et issues de ce courant artistique italien majeur des années 1960.
Cette exposition s’attache à éclairer aussi bien la naissance italienne que le rayonnement international de ce courant, à travers les œuvres des treize principaux protagonistes de l’Arte Povera : Giovanni Anselmo, Alighiero Boetti, Pier Paolo Calzolari, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Mario Merz, Marisa Merz, Giulio Paolini, Pino Pascali, Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto, Emilio Prini et Gilberto Zorio. Dans l’architecture singulière de la Bourse de Commerce, transformée par l’architecte japonais Tadao Ando, l’exposition est envisagée comme un paysage que l’on arpente et devient le terrain où s’enracine la poétique infinie de l’Arte Povera.
Imaginée par la commissaire Carolyn Christov-Bakargiev, spécialiste internationalement reconnue de ce courant artistique, l’exposition Arte Povera rassemble une cinquantaine d’œuvres historiques et emblématiques de la Collection Pinault mises en correspondance avec celles d’autres collections prestigieuses, publiques et privées.

Doris Salcedo née en Colombie en 1958, utilise des objets du quotidien pour créer de puissantes images de la violence du monde contemporain, notamment liées au conflit armé dans son pays. La table en bois exposée a été entièrement détruite puis reconstruite patiemment par des architectes qui ont recollé bout après bout, avec une très grande minutie, des fragments épars. Tabula Rasa est une série de sculptures dans lesquelles Doris Salcedo aborde les questions du viol, du vacillement de l’identité et du sentiment de soi qui en découlent. Les lignes fissurées attestent, malgré l’apparente intégrité de la table, du caractère extrêmement fragile de celle-ci; leur présence incarne cet impossible effacement du passé.
Dans Untitled, des tiges d’acier transpercent des chemises blanches pliées et entassées les unes sur les autres. Cette œuvre est une référence directe à deux massacres qui ont eu lieu en 1988 dans des plantations de bananes du nord de la Colombie. Figées sous une chape de plâtre, ces chemises – représentation vestimentaire traditionnelle des ouvriers des plantations – prennent la forme d’un monument aux victimes anonymes égrenées dans les nouvelles.

Dans une conférence publique que j’ai faite en Amérique il y a quelques années, j’ai dit : « Vous savez, ici en Amérique, vous avez eu le minimal art c’est-à-dire l’art purement minimal. L’Arte Povera n’est pas minimal, il est radical. ». Radical signifie que c’est, en italien, radici, les roots (racines), la semence qui est mise en terre, qui éclate et qui fait sortir l’arbre. Pour moi, c’est la phénoménologie de l’existant. Les artistes de l’Arte Povera ne se sont pas alliés pour un idéal ou pour l’exercice autour de certains éléments ou de certaines théories définies. Ils se sont trouvés devant une nécessité d’arriver à quelque chose d’essentiel, au-delà de tout ce qui est superflu. L’essentiel, ce n’est pas quelque chose que l’on perd.
Michelangelo Pistoletto