2016 # Picasso.mania

2016-02 Picassomania Adel Adessemed © AAPERTURA

PICASSO.MANIA Guernica, icône politique

Adel Abdessemed : Qui a peur du grand méchant loup ?

07 Octobre 2015 – 29 Février 2016, Grand Palais

La signification politique de Guernica est nourrie des différents contextes qui l’ont vue apparaître. Exposée pour la première fois à Paris lors de l’Exposition internationale des arts et techniques, au sein du Pavillon républicain d’une Espagne déchirée par la guerre civile, l’œuvre est présentée d’emblée comme une arme contre le fascisme, le totalitarisme et la guerre. Après-guerre en Europe, tandis que Pablo Picasso est cé- lébré par le Parti communiste en tant qu’artiste engagé, elle est abondamment reproduite dans la presse d’extrême-gauche, à l’ouest comme à l’est. Dans les États-Unis de la Guerre froide, alors que la peinture est conservée par le MoMA depuis 1939, il faut attendre la fin des années 1960 pour que des artistes militant contre la guerre au Vietnam, tels Leon Golub ou Rudolf Baranik, réactivent sa valeur de résistance. Son transfert en Espagne en 1981, soit après la chute du franquisme, selon le vœu de Pablo Picasso, marque une nouvelle étape. Depuis, la puissance symbolique de Guernica est régulièrement réaffirmée, qu’il s’agisse de réinterprétations artistiques engagées ou de reproductions brandies lors de manifestations, des États-Unis au Moyen-Orient. Pour Adel Abdessemed, cette sédimentation prend une résonance philosophique : l’adage se- lon lequel « l’homme est un loup pour l’homme » se déploie dans les dimensions monumentales de Guernica. Cette œuvre est saisissante car elle faite entièrement d’animaux naturalisés. Le fond est noir, terreux, comme un terre de tranchée, voir même un charnier. Une nouvelle façon de souligner que l’homme est un loup pour l’homme ?

PICASSO.MANIA, Le Grand Palais, Paris

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