FABIAN CERREDO

Fabian Cerredo photo © Oznur Baycan, AAPERTURA, 2004

Fabian Cerredo, peintre argentin

Un peintre généreux et dessinateur hors pair

Né le 20 novembre 1957 à Buenos Aires, Fabian Cerredo était diplômé de l’Ecole nationale des beaux-arts Manuel-Belgrado. Il avait ensuite travaillé avec le sculpteur Antonio Pujia et dans l’atelier du peintre Antonio Oliva, avant de venir s’installer à Paris, en 1980. Il rejoint alors, à l’Ecole des beaux-arts, l’atelier de Michel Gemignani, et obtient son diplôme en 1985.

Sa première exposition personnelle a lieu à Paris, en 1983, à la Galerie d’art international, qui présente sa série des Musiciens et qui l’exposera dès lors régulièrement. Marquée à ses débuts par l’art de Georges Rouault, l’œuvre de Cerredo était caractérisée par la générosité, celle de la pâte et de la matière, qui l’a fait souvent qualifier d’expressionniste. Dans ses meilleurs moments, il atteignait à l' »hénaurme », la démesure, la profusion, avec le même souffle et la même largesse que ceux pratiqués par son aîné récemment disparu, Paul Rebeyrolle (Le Monde du 9 février).

Cerredo était aussi un dessinateur hors pair, comme en témoignent les nombreux croquis qui accompagnent la plupart de ses grandes séries, la plus célèbre étant constituée des quelque 200 tableaux avec lesquels il avait rendu hommage à Gabriel Garcia Marquez et à son roman Cent ans de solitude.

La galerie Fadi Mogabgab, de Beyrouth, avait également montré à la Foire Art Paris, en 2001, des exemples, impressionnants de puissance mais aussi de gouaille, d’un cycle consacré à Rabelais. Cerredo aimait travailler ainsi par séries, car, disait-il, s’attacher à un thème lui permettait « d’aller en profondeur, au cœur dur du noyau, de ne pas rester dans la croûte des choses ». Se suivent ainsi De la boucherie au massacre (1998), puis Paysages et Candide inspirés par Voltaire. En 2000, il choisissait de se confronter à la Bible avec une série sur La Création du monde, présentée à la galerie Les Singuliers.

On avait également pu voir son travail, à Paris, dans les galeries Koralewski et Guigon. L’historien d’art Ante Glibota, qui a annoncé son décès et fut un des premiers à avoir écrit sur son travail, l’avait exposé en 1993 au Paris Art Center. Il rappelle que son œuvre a été présentée dans une quarantaine d’expositions personnelles en France et à l’étranger, et dans une centaine d’expositions de groupe.

Encore jeune, Cerredo restait méconnu du grand public, et trop peu nombreux sont ceux qui on pu apprécier sa gentillesse et sa générosité. Reste l’œuvre, qu’il faut réellement découvrir.

Harry Bellet, Le Monde, Publié le 05 mars 2005

Portrait de Fabian Cerredo réalisé par tAnbAy, deux videastes de AAPERTURA à Aubervilliers et à Auvers sur Oise, en 2004 et 2005.