
Caillebotte Peindre les hommes
du 08 octobre 2024 au 19 janvier 2025 au Musée d’Orsay Paris
L’exposition présentée au musée d’Orsay prend pour sujet la prédilection de Gustave Caillebotte (1848-1894) pour les figures masculines et les portraits d’hommes, et ambitionne d’interroger la modernité si radicale des chefs-d’œuvre de l’artiste au prisme du nouveau regard que l’histoire de l’art porte sur les masculinités du XIXe siècle.

Dans sa volonté de produire un art vrai et neuf, Caillebotte prend pour sujet son environnement immédiat (le Paris d’Haussmann, les villégiatures des environs de la capitale), les hommes de son entourage (ses frères, les ouvriers travaillant pour sa famille, ses amis régatiers, etc.) et en fin de compte sa propre existence. Répondant au programme « réaliste », il fait entrer dans la peinture des figures nouvelles comme l’ouvrier urbain, l’homme au balcon, le sportif ou encore l’homme nu dans l’intimité de sa toilette. À l’époque du triomphe de la virilité et de la fraternité républicaine, mais aussi de première crise de la masculinité traditionnelle, la nouveauté et la puissance de ces images questionnent aussi bien l’ordre social que sexuel. Au-delà de sa propre identité, celle de jeune et riche célibataire parisien, Caillebotte porte au cœur de l’impressionnisme et de la modernité une profonde interrogation sur la condition masculine.

Un refuge, boulevard Haussmann de Gustave Caillebotte est une œuvre captivante qui incarne l’essence de la vie parisienne à la fin du XIXe siècle. Réalisée en 1876, cette toile illustre un moment de pause dans l’agitation urbaine, où des personnages se retrouvent dans un espace intime, loin du tumulte des rues. Caillebotte, membre éminent du mouvement impressionniste, a su capturer la lumière et les nuances de la vie quotidienne avec une précision remarquable, faisant de cette œuvre un témoignage précieux de son époque. L’œuvre se distingue par son utilisation innovante de la perspective et de la composition, créant une atmosphère à la fois réaliste et poétique. Les personnages, bien que figés dans un instant de tranquillité, semblent vibrer d’une vie intérieure, invitant le spectateur à s’interroger sur leurs pensées et leurs émotions. Un refuge, boulevard Haussmann n’est pas seulement une représentation de la vie parisienne, mais aussi une réflexion sur l’isolement et la connexion humaine dans un monde en constante évolution. Dans le monde de l’art, cette peinture est souvent célébrée pour son approche avant-gardiste et son influence sur les générations futures d’artistes. Elle représente un tournant dans l’histoire de l’impressionnisme, où la lumière et la couleur prennent le pas sur les formes rigides et les détails minutieux.
Caillebotte a ainsi ouvert la voie à une nouvelle manière de voir et de ressentir l’art, faisant de cette œuvre un pilier de l’impressionnisme.

DANS UN CAFE, 1880
Caillebotte fréquente les cafés parisiens, surtout celui de la Nouvelle Athènes, où se retrouvent Manet et les impressionistes au cours des années 1870. Le modèle de ce tableau Dans un café, complexe, sujet isolé dans son oeuvre serait son ami notaire Albert Courtier. Il pose ici en « pilier d’estaminet», selon les mots du critique Huysmans. Particulièrement nonchalant, mains dans les poches, col ouvert et chapeau rond rejeté en arrière, il regarde deux hommes attablés de l’autre côté du café que nous apercevons seulement dans le reflet du miroir. Huysmans écrit: « ce sont des gens attablés qui oublient l’embêtement des états qui les font vivre, ne roulent point de grandes pensées, et jouent tout bonnement pour se distraire des tristesses du célibat ou du ménage».
Commissariat
Scott Allan, Curator of Paintings, The J. Paul Getty Museum ;
Gloria Groom, Chair and Winton Green Curator, Painting and Sculpture of Europe, The Art Institute of Chicago ;
Paul Perrin, conservateur et directeur de la conservation et des collections, Musée d’Orsay.