
Exposition Corps à corps
Histoire(s) de la photographie
du 6 septembre 2023 au 25 mars 2024 Centre Pompidou, Paris
Rassemblant plus de cinq cents photographies et documents réalisés par quelque cent vingt photographes historiques et contemporains, Corps à corps offre un regard inédit sur les représentations photographiques du genre humain aux 20e et 21e siècles.
L’exposition dépasse les catégories d’étude classiques telles que le portrait, l’autoportrait, le nu ou encore la photographie dite «humaniste». Elle dévoile des particularités, des manières de voir « photographiques » et rend visibles des correspondances entre artistes.
On leur découvre des obsessions communes, dans leur façon d’appréhender le sujet, comme dans leur approche stylistique. Les images exposées nourrissent aussi des questionnements sur la responsabilité du photographe : comment la photographie participe-t-elle à la naissance des identités et à leur visibilité ? Comment raconte-elle les individualités, le rapport à l’autre ? Une rencontre entre deux collections exceptionnelles – celle, publique, du Musée national d’art moderne, Centre Pompidou, et celle, privée, du collectionneur et homme de cinéma Marin Karmitz.
Marin Karmitz, cinéaste, producteur, créateur et animateur du réseau de salles MK2, est d’abord connu pour sa relation passionnée à l’image en mouvement et collectioneur d’une collection photographique tout à fait originale. Elle est d’abord constituée d’ensembles cohérents et copieux qui disent sa fidélité à des artistes dont il suit et accompagne passionnément la création en mouvement. Et elle refuse de se plier aux distinctions factices entre «art» et «documentation» qui empoisonnent, depuis si longtemps, la perception de la photographie. C’est ainsi que, de façon tout à fait naturelle, Christer Strömholm côtoie Christian Boltanski, qu’Antoine d’Agata dialogue avec Chris Marker, qu’Annette Messager rencontre Johan van der Keuken ou qu’Anders Petersen et Abbas Kiarostami voisinent avec Gotthard Schuh et bien d’autres. Mais cette constance dans l’attention amicale à des œuvres en train de se construire n’exclut en rien les coups de cœur pour des pièces isolées qui, toutes, entrent en écho avec des préoccupations, à la fois esthétiques et éthiques, de celui qui vit au quotidien avec les images qu’il a acquises. Kertèsz ou Doisneau, Brassaï et Michael Ackerman, Larry Fink et Douglas Gordon, Hiroshi Sugimoto, Shirin Neshat ou Miroslav Tichy s’entendent à merveille dans une vision qui se préoccupe tout autant de l’homme, des sentiments, du temps que de la sincérité à l’œuvre dans la création.

