FRANCESCA WOODMAN

PHOTOGRAPHES / ÖZNUR BAYCAN / HOMMAGES / FRANCESCA WOODMAN, Leda

« Leda » Lucy with Goose

Francesca Woodman (1958-1981) / Photo Lucy with Goose © Francesca Woodman, 1977 / Photo en Hommage à Francesca Woodman © Öznur Baycan, 2020

« You cannot see me from where I look at myself »
Vous ne pouvez pas me voir de là où je regarde en moi

Elle explorait son corps comme un champ de mines, un champ de ruines, un puits de révélation. Plus une approche métaphysique qu’une proclamation féministe.
« Qui suis-je ? » semble être le but de ses recherches.

Par son travail profondément intime et sensible, fondé sur l’exploration perpétuelle du soi, elle fait de la photographie sa seconde peau. Francesca Woodman a quasi exclusivement utilisé son corps dans ses images, ainsi je suis toujours à portée de main, explique-t-elle, quand l’urgence de la représentation se manifeste. Malgré sa disparition prématurée à l’âge de vingt-deux ans, Francesca Woodman laisse une impressionnante production visuelle. Ses photographies dévoilent de multiples influences allant notamment du symbolisme au surréalisme.

Francesca Woodman explore sa propre image mais son impétueuse imagination la mène également vers des réflexions sur la technique photographique et l’écrit. Ses mises en scène à l’intérieur de pièces dépouillées, l’apparition fantomatique du corps au milieu d’espaces en décrépitude, de maisons sur le point d’être démolies dépassent le strict genre de l’autoportrait.

De nombreux objets jonchent ses images. Des miroirs, des gants, des oiseaux et des bols, des tables.
Elle enrobe souvent ses sujets dans des draps blancs, prélude à leur passage en fantômes. La poussière est aussi omniprésente. Tout est méticuleusement posé, arrangé, et en équilibre précaire dans la poudre du temps. Monde certes surréaliste, mais aussi gothique et très symboliste, avec ses menaces en suspens.

Le corps quant à lui est trituré et fragmenté jusqu’à se fondre dans son environnement et soulever des questions sur la métamorphose ou le genre.

Avec elle la photographie est devenue un exorcisme.

Ces images insolentes, déroutantes et d’une d’une rare intensité évoquent l’éphémère, la fugacité du temps. Et dans ses images brouillées, avec sa silhouette si souvent en mouvement, on imagine ses états affectifs. Les photographies de Woodman créent des états psychologiques extrêmes et souvent dérangeants, oppressants. Son influence reste immense, alors que ses 800 clichés surtout des travaux d’étudiant d’ailleurs, n’ont pas été montrés au public pour la plupart. Son univers éthéré, si éloigné du monde contemporain, avec ses couleurs, ses néons, ses bruits, est imprégné de visions en noir et blanc.

Source : Francesca Woodman, Isabel Tejeda et Marco Pierini, Editions Silvana.

Le copyright de toutes les images appartient à George et Betty Woodman.

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