Hommage

ROBERT MAPPLETHORPE . Flower Power

Orchidée, lys, anémone, tulipe ou gardénia… derrière un apparent classicisme, les compositions florales de Mapplethorpe distillent un parfum de scandale.

En couleurs ou noir et blanc, c’est une séduction, une étreinte, un orgasme que rejouent à l’infini les fleurs de Mapplethorpe. Comme si, n’ayant jamais fini d’épuiser le sujet, il s’appropriait les codes d’un genre artistique traditionnel, pour mieux filer la métaphore : perfection formelle des mises en scène, maîtrise absolue des jeux d’ombre et de lumière, précision clinique des cadrages… tout se passe comme si la nature morte atteignait chez lui son expression la plus aboutie. On est loin de l’exercice de style à la Edward Steichen, de l’exaltation botanique à la Imogen Cunningham, ou de la compilation scientifique à la Karl Blossfeldt.

Ici, la fleur n’est que prétexte : « J’adore mes photos de fleurs, plus que je n’aime les fleurs réelles. »

Narcisse, c’est son reflet que Mapplethorpe contemple dans ces pétales anthropomorphes. On pense aux mots du conservateur et historien de la photographie William A. Ewing, qui dans son ouvrage Flora Photographica (1991), comparait l’artiste à l’orchidée : « (…) fragile, rare, exotique et solitaire ».