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Les Amants
Portrait de René Magritte © Bridgeman / Les Amants II de René Magritte, 1928, Photo en Hommage à René Magritte photos © Öznur Baycan, 2018
« Ça ne signifie rien, car le mystère ne signifie rien… l’art, c’est l’art et chacun en a sa propre interprétation »
– René Magritte
René Magritte (1898-1967), dont la mère se suicide alors qu’il n’a encore que 14 ans. C’est en 1915 que Magritte se tourne vers la peinture : il quitte ses études pour s’installer à Bruxelles, près des Beaux-Arts. Il projette d’y suivre des cours, et peint d’abord dans un style impressionniste. Dès ses débuts, Magritte adopte un tempérament moqueur et anarchiste. Au sein de l’Académie, il découvre et fréquente les mouvements cubistes et futuristes, puis le mouvement Dada, au tout début des années 1920. Mais c’est en 1926 que Magritte crée Le Jockey Perdu, tableau considéré comme le tout premier de son Œuvre surréaliste. C’est à ce moment qu’il adhère au groupe des surréalistes belges qui vient juste de se former. Magritte décide finalement de quitter la Belgique pour Paris. Il y rencontre en 1927 le groupe des surréalistes formés autour d’André Breton, Salvador Dali, Paul Éluard, Joan Miró et Yves Tanguy. De tous ses proches surréalistes, Magritte est certainement le seul à ne pas adhérer à la psychanalyse et l’écriture automatique prônées par André Breton. Il est davantage intéressé par les symboles, les images énigmatiques et métaphoriques, parfois même humoristiques.
Ces œuvres, fonctionnant souvent comme des rébus, mettent en exergue notre manque de discernement entre la réalité et les images mentales engendrées par notre esprit. Ses toiles adoptent généralement deux niveaux de lecture, et se composent de plusieurs images superposées.
Les amants est une série de quatre tableaux réalisés la même année, en 1928. Les trois tableaux portent le même nom, chacun suivi d’un chiffre romain pour les différencier. Dans Les Amants II, conservé à la National Gallery of Australia de Canberra, les amants ont leur visage dissimulé derrière un tissu ; en revanche ils ne s’embrassent plus mais se tiennent côte à côte. Dans Les Amants III et IV les visages sont découverts, mais le corps de l’homme n’est pas représenté, sa tête flottant en quelque sorte dans les airs. On retrouve aussi ce motif du visage caché sous un voile dans d’autres tableaux de Magritte, comme L’Histoire centrale ou L’Invention de la vie. Ce voile peut signifier qu’ils s’aiment sans se voir ; ou qu’ils se connaissent déjà et n’ont donc pas besoin de se voir pour s’aimer ; ou que se voir n’est pas important pour s’aimer ; ou que pour vivre heureux il faut vivre caché. Ceci pourrait également être inspiré par le fait que le corps de la mère de Magritte, qui s’est suicidée dans les eaux de la Sambre alors qu’il était adolescent, fut retrouvé le visage couvert d’un tel tissu.



